____________SAMEDI 28 FEVRIER - 22h52__E lle éteint la lumière du bureau, ainsi que l'écran de son ordinateur, elle se retrouve plongée dans le noir. La lumière de dehors passe encore à travers les volets de la fenêtre de sa chambre. Alors elle prend la décision de fermer ses yeux. Ca y est, l'obscurité est totale. Elle cherche de ses doigts rongés le petit objet noir, pour parvenir enfin à trouver le bouton pour augmenter le volume de la musique. Assise les jambes croisées sur sa chaise, elle commence à bouger lentement la tête. Droite, gauche, droite, gauche. Le son de la guitare électrique de la chanson Toi T'en Rêves de Narcys lui tape tellement fort sur les tympans, mais elle refuse de baisser le son. Non, ça commence à devenir tellement bon. Et elle pense à Romain, c'est le cas à chaque fois qu'elle l'écoute. Alors son corps commence à bouger au même rythme que sa tête. Han la garce, elle va finir par se lever et danser dans le noir. Et c'est ce qu'elle finit par faire. Elle se lève d'un bond, faisant tomber sa chaise de bureau au passage, elle n'a rien entendu de toute façon, mais peut-être que ses parents si. Elle s'en fiche. Elle fait glisser le mp3 au fond de la poche de son jogging, et replace correctement ses écouteurs. Elle avance au milieu de la chambre, à l'aveuglette, elle ne dègne toujours pas rouvrir ses yeux. Ca y est, elle danse, dans son t-shirt bien trop grand pour elle. Et il faut peu de temps pour que son corps ne devienne plus qu'une plume. Elle se sent bien, depuis la première fois en trois mois. Elle est proche de l'extase. Elle ne fredonne plus les paroles, non, elle les crie à présent. Elle les connait sur le bouts de ses dix doigts. Bordel que c'est bon. Puis la musique change, les premiers accords de So Beautiful résonnent, et seule elle, peut les entendre. Pete Murray commence à chanter, elle s'allonge sur le parquet, fatiguée de sa danse improvisée, toujours les paupières closes. Les paroles de celle-ci aussi, elle les connait par coeur. Elle ne s'entend pas chanter, ce n'est pas grave, mais elle croit avoir largement baissé sa voix. S'entame ensuite le refrain, ses poings le long du corps se serrent, elle sent au passage que ses mains se font de plus en plus moites. Putain que c'est bon. Mais elle sent dejà les larmes monter. Cinq secondes plus tard, elle rouvre les yeux afin de les laisser couler. La souffrance s'en ira un peu, c'est ce qu'elle se dit. Un fil de lumière traverse la chambre, elle revient peu à peu à elle, l'obscurité n'est plus. "God my fingers burn...", elle sanglote, se tourne sur le côté droit. Ca y est, la douleur de ces trois derniers mois commence à sortir, et pourtant elle s'était promise de ne plus jamais verser une larme. Ca sera la dernière fois, cette fois-ci c'est juré. Elle attend la fin de la chanson, mais celle-ci s'arrete dix secondes avant. Merde, il va falloir recharger l'objet. Elle se calme alors, le silence durant plus de quatres minutes. Des prénoms défilent dans sa tête. Shirley. Romain. Clément. Julie. Laura. Ophélie. Adeline. Léa. Caroline. Marion. Mathilde. Mélanie. Coralie. Hugo. Merde, elle doit se relever pour eux. Elle doit réunir ses forces, et se remettre sur ses pieds. Et pourtant, c'est comme si elle était définitvement clouée au sol. Deux minutes de plus passent. Elle est revenu totalement à la réalité. Enfin, elle se lève difficilement, elle se sent lourde, mais lourde. Puis elle va finalement chercher son bureau les mains devant elle. Et une fois trouvé, elle hésite un court moment, mais se décide enfin à rallumer la lumière. Ca lui fait mal au yeux, tant pis elle se contentera seulement de celle de l'écran de son pc. Elle s'asseoit. C'est fini, fini, elle a promis. Et plus tard, à 22h52 elle trouvera la force et l'envie d'écrire encore un article. Le même que celui-là.
Il est 23h35 sur son téléphone, elle vous dit Bonne nuit.
Pour une certaine Julie : Tahoma, taille 11 pour cet article.